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Partenariat mondial sur l'intelligence artificielle, Sommet de Montréal, le 3 décembre 2020

Intervention du Président de la République française Emmanuel Macron

 

Monsieur le Premier ministre, Cher Justin,

Chers Membres du partenariat Mondial pour l’intelligence artificielle,

Chers amis,

Je veux d’abord vous remercier pour l’organisation de ce sommet virtuel, certes, et pour votre invitation, cher Justin. En effet c’est pour nous l’occasion de mesurer le chemin parcouru depuis nos présidences successives du G7, et cette initiative lancée d’organiser ensemble ce partenariat mondial pour l’intelligence artificielle.

Cette année, pour toutes les parties prenantes, nous avons démontré un haut niveau d’engagement, en dépit de la pandémie. Et je veux remercier tous ceux qui ont rendu possible, justement, ce projet. Le Canada bien sûr, ainsi que tous les autres membres fondateurs : l’Allemagne, l’Australie, la Corée du Sud, les États-Unis, l’Italie, l’Inde, le Japon, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni, Singapour, la Slovénie et l’Union européenne. Je veux remercier également les experts qui se sont mis tout de suite au travail, après s’être réunis en octobre 2019 à Paris.

Sans oublier, évidement, tous ceux qui font vivre cette initiative au jour le jour : l’OCDE et le secrétariat du PMIA à travers leur soutien opérationnel ; toutes les personnes qui travaillent au sein des centres d’expertise de Paris et de Montréal, pour tout l’appui qu’ils procurent aux groupes de travail. Merci aussi à tous les membres de la Task Force qui ont œuvré tout au long de l’année pour mettre sur pied notre organisation.

Je souhaite par ailleurs féliciter aujourd’hui les nouveaux membres élus du Comité directeur : l’Italie, les Etats-Unis, le Japon, qui travailleront aux côtés de la France et du Canada, ainsi que les six experts non gouvernementaux qui prendront part à nos travaux.

La maîtrise de l’intelligence artificielle requiert d’avancer sur deux fronts, définis dés le début comme indissociables : l’innovation et la confiance. L’une ne peut aller sans l’autre et cette semaine, j’ai d’ailleurs co-signé une tribune avec de nombreux dirigeants de la Tech, originaires du monde entier, pour lancer l’Appel “Tech For Good”. Nous avons voulu rappeler que la technologie a été depuis des décennies un moteur puissant du progrès humain. Et je pense sincèrement que la technologie, que l’intelligence artificielle, permettront de nouveaux progrès dans tous les domaines, notamment pour relever les défis sanitaires et environnementaux. Mais cela implique une coordination essentielle entre les acteurs étatiques et non-étatiques. Cela implique des engagements, un changement des comportements, parfois aussi des régulations.

Nous avons aussi souligné, et je veux le réaffirmer ici, que ce progrès est d’ores-et-déjà entravé par ce qu’on appelle parfois des externalités négatives. Qu’il s’agisse de la surveillance de masse, des discriminations, de cybercriminalité, de désinformation. Nous avons chaque jour, des preuves évidentes de ce que les progrès technologiques peuvent conduire à susciter en recul démocratique, ou en menace parfois de nos libertés les plus fondamentales. Sans des garde-fous appropriés, la technologie peut être utilisée pour affaiblir la démocratie, pour menacer les valeurs universelles consacrées par les Nations unies. Quand vous travaillez sur les biais algorithmiques, sur le mauvais usage des données, sur la gouvernance algorithmique, ce sont très clairement ces biais, ces externalités, que vous devez prévenir, corriger, en tout cas auxquels vous devez donner une transparence pleine et entière. C’est ce travail qui est aussi essentiel pour nous tous.

C’est pour cela que nous avons lancé ce partenariat. Pour construire un monde numérique juste, transparent, inclusif, ouvert à la diversité. Au fond pour construire un monde numérique, qui ne puisse pas répliquer tout ce que nous voulons combattre dans le monde réel, et qui ne puisse pas aider à recréer de nouveaux biais, de nouvelles exclusions, et perversions à nos libertés fondamentales et nos valeurs universelles. Un monde numérique qui soit respectueux des droits de l’Homme, des libertés fondamentales, et puisse ainsi œuvrer au bien commun.

Nous avons encore beaucoup de travail, nous le savons, là aussi, mais je peux vous assurer que nous prendrons pleinement notre part dans ce processus multilatéral et multipartite. Dans les prochains mois, la France travaillera aux côtés du Canada pour préparer la transition vers notre présidence du Comité directeur. Et nous nous réunirons à nouveau en France, l’année prochaine, pour faire le point sur les progrès accomplis. Nous agissons main dans la main, Justin Trudeau et moi-même. Et depuis le début, nous voulons avec l’ensemble des membres fondateurs, de tous ceux qui nous ont rejoints, et évidemment, de ces membres du comité directeur, aider, structurer cet agenda d’ambition pour l’intelligence artificielle d’aujourd’hui et de demain.

Alors à nouveau, merci cher Justin, Monsieur le Premier ministre. Merci pour le travail formidable et essentiel. Merci pour ce lien, et cette complicité. Et je vous donne rendez-vous à tous et toutes en France pour la plénière et le sommet de 2021. Très bons travaux.